[Reportage] Réflexion sur le salon du Menton Figurines Show 2019 : La peinture sur figurine, un loisir vieillissant ?

[Reportage] Réflexion sur le salon du Menton Figurines Show 2019 : La peinture sur figurine, un loisir vieillissant ?

1 octobre 2019 0 Par Elwood Bob

Bonjour à tous,

Cette semaine je vous fais un petit retour sur le Menton Figurines Show qui s’est déroulé les 21 et 22 septembre dernier. Un bel événement qui a réuni des centaines de fans de la peinture sur figurine, qu’elle soit fantastique ou historique. Pour l’occasion, je vous propose un article en 2 parties avec d’abord quelques photos de ce très beau salon, puis une réflexion toute personnelle sur notre hobby. Allez, c’est parti !

Une rencontre de pointus du pinceau

Le Menton Figurines Show 2019 était organisé par le club de peinture du Grognard basé à Menton. Des pointures du pinceau amateurs, en particulier, de figurines historiques. C’est leur dada et cela s’en est ressentit avec une très grosse catégorie de figurines historiques dans ce concours. Les participants étaient là en masse avec 627 figurines exposés pour 125 concurrents (ce qui signifie une grosse participation par concurrent (5 à 6 figs en moyenne)). En avant pour tout une série de photos des figurines qui m’ont le plus séduites.

De fières volatiles venus du Nord !

Ils sont dans les tuyaux de ventilation !

J’adore Conan. Ce personnage est tellement iconique !

De grands vikings venus des contrés du froid.

J’ai adoré cette dame celte. Très poétique !

Une belle conversion. La tête donnait vraiment la sensation de voler en l’air.

Des indiens ! Pleins d’indiens !

La catégorie Master fantastique. Du très beau !

Celle-là je l’ai trouvé hyper mélancolique. J’étais conquis.

Une nouvelle très belle fig des gars de chez Aradia Miniatures. J’adore vraiment leurs modèles !

Une partie de la catégorie Master historique. Un niveau de dingue !

Un adorable couple de pirates.

Pour les amateurs d’Asie, un splendide Oda Nobunaga.

L’histoire éternelle, touche de son aile, la Belle et la Bête…

Encore un Conan. Mon préféré des deux. La peinture y est plus vive.

Le buste dune rouquine avec un renard. Celle-là, c’était plus pour ma compagne qui est amoureuse des renards.

Un sublime diorama d’indiens

Encore des indiens. Il y en avait pas mal !

Il y avait aussi beaucoup de maquettes.

Dont certaines maquettes volantes !

Un grand diorama très vivant.

Un taverne où j’aurais bien aimé boire une chopine !   

La section dédiée au concours était énorme dans le grand espace du Palais de l’Europe. A contrario les espaces adjacents étaient plus modeste. Un petit coin atelier/initiation peinture pour les plus jeunes,  7-8 stands de professionnels (ce qui faisaient assez peu compte-tenu de la surface. La survie de professionnels de loisirs de niche est assez rude pour de petits indépendants au prix des loyers et des charges de la Côte-d’Azur… Ce qui est assez triste…), 4-5 stands de clubs venant de tout horizon (Il y avait de Suisses (Montreux, qui nous ont d’ailleurs offert un coup à boire), des Belges et des italiens à ma connaissance). Bref, le tour était quand même très vite fait en dehors de l’exposition du concours. Et c’était un peu dommage.

La peinture sur figurine, un loisir vieillissant ?

Lors de ce salon, j’ai réalisé une chose. En discutant avec l’une des bénévoles du club de peinture/sculpture qui organise également la salon du FiMaJe, je lui ai fait par du côté dommageable, à mon goût, de l’aspect très mat et très terne des figurines de haut niveau. Cela manquait de couleurs chatoyantes. Ce à quoi elle m’a rétorqué, qu’effectivement, les concours de peinture avaient leurs règles assez rigide, leur carcans et un côté élitiste entre vieux de la vieille qui essaient de savoir qui peint le meilleur dégradé du fond de l’œil. Selon ces propres mots, on était quand même, là, face « à un loisir vieillissant. » A ces mots, je me suis retourné et j’ai contemplé le salon.

Le grand espace du Palais de L’Europe avec au centre l’exposition du concours pour illustrer mon propos.

J’ai alors réalisé que au moment où je me tenais dans le salon (début d’après-midi le dimanche), hormis une dizaine de gamins à l’atelier d’initiation emmené là par leurs parents ou même grand-parents, mon frère (27 ans) et moi-même (34 ans) étions sans doute les adultes les plus jeunes du salon. Même chose dans la partie dédié aux plus jeunes.

La deuxième pièces avec les ateliers, maquettes, jeux et jouets destinées aux plus jeunes.

Bref, que ce soit les visiteurs, organisateurs ou professionnelles présents, je ne crois pas qu’il y avait de personnes de moins de 40 ans. J’étais soufflé ! Moi qui fréquente plutôt les salons de jeux de société et de JDR où les moyennes d’âge du plus grand nombre tourne plutôt autour de 20-25 ans, là, la pièce me donnait plutôt l’impression  de tourner sur une moyenne d’âge de 50-55 ans chez les visiteurs et personnes investies dans le hobby. Notre loisir est-il donc un hobby de dinosaures en train de s’éteindre ? Je peinais à le croire !

Petite photo dans le journal du Nice-Matin avec les organisateurs du salon. Plus tout jeune, tout jeune…

Les vainqueurs du tournoi. Le plus jeune au centre me semble bien avoir plus de 40 ans. Je ne parle pas des autres.

Je me suis demandé si mon ressenti n’étais pas dû  au lieu du salon. La Côte-d’Azur est plus renommée pour ses retraités au soleil que pour sa jeunesse pro-active. Menton détient d’ailleurs (de réputation du moins) la palme de la moyenne d’âge la plus élevée dans la région. Je me suis dis que ça devait être différent ailleurs. J’ai donc taper sur mon ami Google les termes Salon de figurines et j’ai pris les premières photos où l’on pouvait apercevoir des gens derrières les stands. Et au final le bilan n’est pas mieux…

En guise d’exemple, le 27ème salon de Lorient. Des moins de 30 ans ? Bof…

Le 11ème salon de Lyon…. Grisonnant…

Et tout récemment, j’ai jeté un coup d’oeil en biais sur la dernière vidéo de Mahar Prod sur le 6ème Open de Touraine. Si vous guettez les champs hors figurine, même constat !

Alors attention. Tout ceci n’est pas une critique sur nos plus vénérables qui sont de réels passionnés, ni sur leurs talents ou leur présence très agréable. J’arrive tranquillement moi-même vers mes quarante ans donc, je ne me permettrais pas. Tout ceci est juste un constat et une inquiétude sur l’avenir que pourrait connaître le hobby dans le futur et le renouvellement de la population de ceux qui le pratique. Et force est d’admettre, que sur les salons « purement peinture », la moyenne d’âge semble plutôt élevée. Ce qui de mon expérience et des chiffres du Thiase (je n’ai pas trouvé d’études similaire à celles du Thiase sur le JDR transposé au monde du jeu de figurines) les milieux du jeu de plateau et du JDR sont plus actif et plus jeunes avec beaucoup de 15-25 ans !

Et le 15ème salon, de Lyon toujours. On ne sort pas du collège là…

Mais je vais finir par une note plus joyeuse. Intrigué, je me suis tourné vers le gérant de la boutique Games Workshop de Nice et celui de la boutique de maquette Modélisme 2000 de la même ville. Je leur ai posé la question de la moyenne d’âge de leur clientèle. Et ils m’ont tenu le discours inverse ! Leur clientèle est de plus en plus jeune et même en augmentation dans ces tranches d’âge (moins de 30 ans) selon leur sentiment. Par contre, ce qu’il faut, c’est allez chercher les jeunes d’aujourd’hui. Il faut du marketing, de l’accroche, du nouveau, des produits simples d’accès. Par exemple, chez les maquettistes (avions ou trains), il y a maintenant pleins d’applications pour tablettes ou téléphones afin de gérer et contrôler à distance son avion/drone/train/gare de chemin de fer. Il faut appâter les jeunes avec un peu de high-tech pour faire face aux loisirs plus simples d’internet ou des jeux vidéos. De même, la récente déferlante Warhammer Conquest est un excellent exemple et coup marketing pour renouveler la population de hobbyistes et développer notre loisir.

Je pense que de nombreux peintres, se lançant toujours plus nombreux sur Youtube avec tutos ou autres, contribuent également à attirer les jeunes et faire connaître le hobby. Selon les gérants que j’ai questionné, le problème de ces concours de peintures, c’est surtout qu’ils sont un peu trop enfermé dans leurs réseaux, se jaugeant les uns les autres de manière élitiste, et manquant de cruellement de communication et de pubs sur les événements (les deux gérants ne savaient même pas que ce salon avait eu lieu à quelques kilomètres de chez eux). Et sur toutes ces critiques, ils n’ont pas forcément tort, je trouve. Il serait donc bon, pour le petit monde des peintres de s’ouvrir et communiquer un peu plus, j’imagine, pour susciter la passion chez de nouveaux artistes !  

A bientôt et continuez de faire rouler les dés !